C'est grâce au Roquefort que la notion d'Appellation d'Origine a été créée pour les fromages en 1925... alors, coup de projecteur sur la référence...
AOC depuis 1925 (Premier décret d’Appellation d’Origine)
Terroir : Aveyron et
quelques cantons limitrophes, au cœur
les Grands Causses
Dimensions : 20 cm de
diamètre, 8.5 à 11.5 cm de haut.
Poids 2.5 à 3 kg - Il faut 12 litres de lait pour faire un Roquefort.
Affinage Minimum 3
mois
Production annuelle 19
000 tonnes – 7 fromageries
Un peu d’histoire :
On ne saura jamais qui a le premier fabriqué du Roquefort…
La légende parle d’un berger ayant oublié du pain de seigle et du lait caillé
dans une grotte, et quelques semaines (mois ?) plus tard, affamé, mangeant le
caillé moisi… et découvrant avec stupéfaction son goût fort mais ô combien
agréable.
Le 1er témoignage écrit date du XI° siècle. Une donation au
monastère de Conques mentionnait, parmi les revenus, deux fromages à fournir
par chacune des caves de Roquefort.
Les habitants de Roquefort protégèrent leur fromage très tôt
! Dès le XV° s et la période de Jeanne d’Arc, le roi Charles VII accorda des franchises à ce terroir « où ne
pousse ni pied de vigne, ni grain de blé». Et l’on trouve des chartes royales,
entre 1407 et 1732 qui réservent à
Roquefort le monopole de l’affinage du fromage.
Un arrêt extrêmement important : celui du Parlement de
Toulouse en 1666 qui punit les marchands de faux Roqueforts… fabriqués hors de
la région et bien souvent au lait de vache… et concède aux habitants le
monopole de l'affinage du fromage « tel qu'il est pratiqué de temps immémorial
dans les grottes dudit village ».
Le Roquefort fut le premier fromage reconnu AOC dès 1925,
soit à peine 6 ans après la promulgation de la loi de protection des
appellations viticoles… et bien avant les autres fromages.
La fabrication du Roquefort
Le lait cru et entier est tout d’abord caillé à l’aide de
présure, puis ensemencé avec des poudres et cultures de Penicillium roqueforti
préparées à partir de souches traditionnelles isolées dans le microclimat des
caves de la zone.
Les caves sont situées au cœur des effondrements du plateau
du Combalou (2 kms de long sur 300m de large) et comportent des failles
indispensables à la ventilation naturelle des caves et au bon affinage du
fromage de Roquefort…. Ces failles sont appelées fleurines car elles font
pousser « la fleur » du fromage.
Le saviez-vous ?
• Il faut 12
litres de lait pour faire un Roquefort… or une brebis Lacaune donne en moyenne
à peu près 2 litres de lait par jour … soit 260 litres de mi-novembre à fin
juillet. Seuls 10% des troupeaux produisent du lait en dehors de cette période.
• Le lait de
brebis étant très riche, on ne le boit guère, ni ne le transforme beaucoup en
beurre, donc il y avait souvent une vache parmi les troupeaux de brebis pour la
consommation familiale. Le lait en plus était donc transformé en fromage « type
Roquefort »… affiné en dehors de la commune de Roquefort dans des caves dites «
bâtardes ». C’est l’origine d’un autre grand fromage AOC : le Bleu des Causses,
affiné dans les gorges du Tarn.
• Avez-vous
remarqué que tous les emballages de Roquefort ont un logo représentant une
brebis rouge ? Ce logo existe depuis 1930.
Conseils : choisir, découper, déguster….
• La pâte est
blanche à ivoire, veinée de moisissures bleues à vertes…. Selon la souche de
pénicillium utilisée, la cave dans laquelle les moisissures ont poussé et la
durée d’affinage, la texture est très différente. Ferme ou fondante ? J’ai un
grand penchant pour des Roquefort me donnant une impression de « gras »,
extrêmement fondants sous la langue, quasiment sans exercer de pression. Hummmm
• La découpe
d’un Roquefort est simple et compliquée à la fois, à cause de sa texture. Il
faut être bien outillé pour ne pas briser le fromage ! Plutôt que de prendre un
couteau, servez-vous de la « lyre », du
fil tendu sur un support métallique que l’on vous a donné pour découper le foie
gras et qui dort dans un de vos tiroirs de cuisine…
• La légère
amertume du Pénicillium roqueforti peut être compensée par une boisson sucrée. Traditionnellement, on associe le Roquefort au Sauternes. Et ceux qui (comme moi, je l’avoue !) ont eu l’occasion de
déguster des grands crus de Sauternes au fond des caves de Roquefort savent
qu’il s’agit d’un grand plaisir…
Néanmoins, associer au Roquefort un vin liquoreux peut être
… trop lourd.
Je vous suggère plutôt d’aller sur des Vins Doux Naturels
(VDN), type Maury, Rivesaltes, Rasteau. Du Porto. Blanc Du Madère… issu de malvoisie.
Avec modération.
Plus d'infos sur - www.roquefort.fr sans oublier bien sûr jaimeleroquefort.fr, où l'on attend maintenant une décision américaine pour courant avril...
Les commentaires récents