A force de me lire, vous devez maintenant savoir qu'il faut 4 ingrédients pour fabriquer un fromage :
- du lait
- des ferments lactiques - pour acidifier le lait
- de la présure - pour le faire cailler
- et du sel - pour le conserver.
En fait, le sel joue de nombreux rôles dans le fromage. Il est à la base un conservateur, du fait de son action antiseptique, mais aussi un exhausteur de goût, et enfin de part son action déshydratante, il participe à la formation de la croûte des fromages tout en régulant l'humidité. Les scientifiques disent très exactement qu'il complète l’égouttage et contribue à la formation de la croûte, il
agit directement ou par intermédiaire de l’activité de l’eau du fromage
(Aw) sur le développement de microorganismes
et les activités enzymatiques au cours de l’affinage, il apporte son
goût caractéristique et a la propriété de masquer ou exhaler la
sapidité de certaines substances formées au cours de l’affinage (source : INRA).
Un des fromages les plus salés en France est sans doute le Roquefort. Évidemment ! Car non seulement il faut conserver le "pain" de Roquefort pendant de nombreux mois en caves - puisque la production de lait de brebis est saisonnière, de novembre à juin/juillet - mais aussi car il est salé au sel sec, c'est-à-dire que l'on dépose du gros sel marin sur une face - et l'on attend qu'il soit bien entré à l'intérieur du fromage ce qui est très facile car le "pain" de Roquefort est très humide et parsemé de cavernes où le pénicillium roqueforti va se développer en caves , puis sur l'autre, puis sur le talon.
Mais enfin, soyons honnête, lorsque nous dégustons un morceau de Roquefort, nous n'avons pas l'impression de lécher une "pierre à sel" (bloc de sel gemme que l'on met dans les champs et dont les animaux raffolent) !
Pourtant, en 15 ans, la dose de sel présente dans le Roquefort - comme dans bien d'autres fromages - a diminué drastiquement.
Parfois pour des raisons organoleptiques (l'excès de sel peut empêcher le développement de certains arômes). Parfois pour des raisons technologiques (le procédé de conservation a changé légèrement, permettant de diminuer la dose de sel incorporée). Mais le plus souvent sous pression ambiante que nous mangions trop salé, et qu'il fallait absolument que les fromagers contribuent à diminuer la dose de sel ingurgitée par les Français.
Car le sel est montré du doigt par les médecins dans l'hypertension artérielle. Sur le site wikipedia, on comprend le rôle de l'alimentation dans la dérégulation de la tension artérielle. Dont l'absorption en trop grande quantité de sel, d'alcool et de réglisse.
Mais voilà. La médecine n'est pas une science exacte. Et en lisant l'article wikipedia, vous voyez que beaucoup de verbes sont au conditionnel (il semblerait que...)
Et une thèse un peu différente commence à faire parler d'elle : on aurait (toujours au conditionnel) trop systématiquement supprimé le sel de l'alimentation de personnes souffrant d'hypertension artérielle, car "seuls" 30 à 40% d'entre eux seraient en fait sensible au sel. Mon pauvre père qu'on a mis au régime sans sel à l'âge de 53 ans peut-être indûment ?
Soyons lucides, c'est la dose qui fait le poison, et en toute chose il faut garder modération : pas d'excès, ni de privation totale...
Je ne me porte pas plus mal d'avoir été élevée dans une quasi-absence de sel ajouté en cuisine familiale, tout en mangeant beaucoup de fromage.... et souvent en déplacement donc en restauration "extérieure". Malgré une double hérédité d'hypertension artérielle.
Mais nous ne sommes pas tous bâtis pareils !! Et loin d'être égaux face à la maladie. A suivre...
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