Un de mes fidèles lecteurs, Ludovic, installé en GB, se plaint que je ne parle jamais du Neufchâtel. Alors, pour lui faire plaisir, voici une présentation de ce joli fromage normand ("bon" serait un pléonasme, n'est-ce pas ?)
Plus d'infos sur le site de l'AOC Neufchâtel, ou celui des AOP françaises dont est tirée la photo qui illustre cette note
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AOC depuis
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1969 puis 1977
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Terroir
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Pays de
Bray (Seine-Maritime)
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Dimensions
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6 formes différentes :
Bonde, double bonde, briquette, carré… cœur
et double cœur !
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Poids
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100g /
200g / 600g
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Affinage
Minimum
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- jeune : 10 jours
- mi-affiné, à 3 semaines
- affiné, de 1 à 3 mois selon sa taille
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Production
annuelle
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1 600
tonnes, 23 fermiers / 4 ateliers artisanaux
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Un
peu d’histoire..
Avez-vous déjà visité le pays de Bray ?
C’est une plaine étroite, bien abritée des vents marins ou venant des terres,
creusée dans les falaises…un beau bocage normand, avec son maillage de
parcelles entourées de haies plantées sur des levées de terre, protégeant du
vent, et où nichent des oiseaux…
Les origines du Neufchâtel remontent au XI° s :
en 1035, l’Abbaye de Sigy reçut le droit de prélever la « dîme des
frometons » perçue sur les
paysans de la vallée de Bray se livrant au commerce de leurs fromages et la réputation de ceux-ci ne cessa de
prospérer ! Ces « frometons » étaient également appelés à
l’époque « bondons » ou « angelots »…
On dit que la forme de cœur fut beaucoup
utilisée par les jeunes filles du pays désireuses de fraterniser avec les
envahisseurs anglais au moment de la guerre de 100 ans (donc au XIV°s).
Toujours est-il qu’il faut attendre le XVI°s
pour que le Neufchâtel soit cité par son nom dans les comptes de
l’Abbaye de St Amand, à Rouen.
Fait assez rare pour
être souligné, lorsqu’au XIX°s la production devient plus soutenue, un fermier,
Isidore Lefebvre, eut l’idée de collecter le lait déjà transformé de ses
voisins pour les mouler chez lui et les affiner dans sa cave de Nesle
Hodeng : la profession « d’herbager-collecteur-affineur » était
née !
La
fabrication du Neufchâtel
Le Neufchâtel est une pâte molle très
particulière :
Contrairement aux autres fromages de sa
région d’origine, le caillage est lactique : très peu de présure, beaucoup
de ferments lactiques ajoutés en même temps et un caillage très lent, qui prend
de 24 à 36 heures !
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Le
caillé est ensuite égoutté. L'égouttage dure une bonne douzaine d'heures.
Plusieurs techniques sont utilisées pour séparer la pâte du lactosérum. Le
caillé peut par exemple être versé dans des sacs suspendus, dans des toiles
disposées sur des bannettes...
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La pâte
est pressée : des poids sont appliqués sur la pâte enveloppée de toiles pendant
6 à 12 heures.
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Autre particularité du Neufchâtel : l'ensemencement
en pénicillium peut se faire dans le lait et/ou au moment du malaxage : on incorpore à la pâte un fromage
bien fleuri pour ensemencer en pénicillium (on dit que la pâte est
« vaccinée »).
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La pâte
est ensuite malaxée pendant quelques minutes afin de la rendre
plus homogène, plus facile à mouler, moins friable, puis placée dans un moule appelé également
« gaille », de la forme désirée (6 formes sont autorisées). Chez les
petits producteurs, cette opération se fait à la main, mais les autres
utilisent des pétrins identiques à ceux des boulangers.
-
Bien
souvent, le salage se fait au sel sec,
dans la masse du caillé, comme le Cantal… ce qui permet de renforcer le
développement du pénicillium… mais peut également donner une perception de sel
plus importante.
-
Enfin,
vient la phase en hâloir, en caves très humides qui font « hâler » le
fromage et développer le pénicillium, puis en « sécherie » pour ceux
qui seront vendus plus affinés.
Le saviez-vous ?
- 30% de la
production est réalisée à la ferme et 80% des Neufchâtel sont au lait cru
Conseils : choisir, conserver, découper,
déguster…
- La
croûte est fleurie, de blanche à ivoire/doré pour les plus vieux. La pâte est de couleur crème, avec un noyau
ferme au départ, très souple pour les plus vieux…
o Jeune :
12 jours
o mi-affiné :
3 semaines
o affiné :
de 1 à 3 mois.
Pour ma part, ayant eu l’occasion de
déguster souvent des Neufchâtel vendus sur le marché de Rouen, j’apprécie ce
fromage quand il est très affiné, avec une croûte virant au jaune, légèrement
craquelée, quite à l’adoucir avec du beurre, normand bien sûr !
- Tentez le sucré/salé en associant un cidre très fruité
avec un Neufchâtel plutôt jeune.
Et pourquoi pas un blanc moelleux,
type Côtes de Bergerac, ou Coteaux du Layon ?
Par contre, sur un double cœur fait…
à cœur, c’est-à-dire dans lequel il ne reste plus du tout de
« noyau », un vin rouge bien charpenté sera nécessaire pour résister
à la force du fromage.
J’ai souvenir d’une dégustation d’un grand cœur fait à point avec un Cahors … un
pur régal, mais avec grande modération !
- Et n’oubliez pas que le Neufchâtel est à la base d’une
sauce qui accompagne merveilleusement les viandes et les poissons. Une
sauce simple à réaliser : un peu de jus de la viande ou de fumet du
poisson, de la crème de Normandie et un Neufchâtel dont vous aurez retiré
la croûte.
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