J'ai cru avoir une hallucination l'autre jour dans le Sud de la France en doublant un camion de livraison portant l'enseigne Félix Potin. Cela m'a ramenée près de 30 ans en arrière, mon premier stage lors de mes études avait en effet été de tenir un magasin Félix Potin à Paris, pendant les vacances de son gérant habituel. Boulevard St Marcel, pour ceux qui connaissent la capitale, non loin de la gare d'Austerlitz.
Et c'est donc tout naturellement que j'ai suivi ce qui est advenu de cette enseigne.
A l'époque de mon stage, le groupe était détenu depuis 1958 par le financier grec André Mentzelopoulos. Et sur Paris et Reims, sa position avait été renforcée par le rachat de Goulet-Turpin. On parlait à l'époque de "La Parisienne - Félix Potin". Un CA d'environ 3 Milliards de Francs, près de 2 000 points de vente. Que de chemin parcouru depuis l'ouverture de la première épicerie en 1844, et surtout du premier point de vente "moderne" boulevard de Sébastopol en 1860 ! Mais je ne vais pas vous raconter le développement de la marque, j'ai trouvé un superbe site : "marques disparues".
A la mort de Mentzelopoulos fin 1980, les choses se sont gâtées : en 1988, premier coup de semonce, une restructuration est mise en place suite aux pertes de la division supermarchés (les fameux "Radar"). Le groupe normand Promodès - dans la centrale d'achat duquel j'ai fait mon stage de fin d'études! - rachète une partie du capital, reprenant au passage 138 magasins.
Et en décembre 1988, c'est au tour du groupe bordelais Castel Frères, qui venait de reprendre 6 mois auparavant une enseigne du groupe Félix Potin... les vins Nicolas... de s'intéresser à la marque et de la racheter, avec ses 850 points de vente restant.
Pour la revendre en 1992.... et la fin de l'entreprise est définitivement sonnée le 31 janvier 1996, après une année 1995 mouvementée. Je me rappelle cette année-là avoir été sensibilisée aux problèmes d'approvisionnement d'un des derniers magasins de l'enseigne situé à Rambouillet. Et c'est un cercle vicieux : problèmes d'approvisionnement ? Vos clients finissent par ne plus venir chez vous, même quand vous avez à nouveau des produits..
Bref, pour moi, la marque était bel et bien morte.
Et voilà que grâce à ce simple camion de livraison, je découvre que la société Philippe Potin, basée à Brignoles, a racheté le droit d'exploiter la marque en 2003. A priori, un descendant de Félix et non un simple homonyme, et qui a fait transformer très officiellement le nom de sa société de Philippe Potin en Félix Potin en décembre 2004.
Et qui j'en suis presque sûre fera renaître (si ce n'est déjà fait) le fameux slogan publicitaire de son aieul, toujours gravé dans l'inconscient publicitaire français : Félix Potin, on y revient !




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