Candia passe à l'économie solidaire
Une initiative intéressante - ou bien un coup de pub alors que la solidarité est à la mode ?
Cette semaine on annonçait la hausse de +26% du prix d'achat du lait à la ferme, et voici que je trouve cette brique Candia vendue 1.38€ dans un Franprix parisien alors que commence la quinzaine du commerce équitable (26 avril - 11 mai)
Car il s'agit d'un lait "militant", un lait acheté à des petits producteurs du Massif Central et qui permet de faire (sur)vivre de petites exploitations.
Cette initiative est à la fois intéressante et peu compréhensible.
Tout d'abord, parce que Candia est une coopérative laitière, et à ce titre défend depuis sa création le droit de ses adhérents à vivre correctement de leur travail.
Ensuite, car il est vrai que les conditions d'exploitation laitière ne font guère fantasmer les jeunes, et ceci est encore plus vrai dans des zones un peu rudes comme celles des montagnes du Massif Central (contrairement aux Alpes, peu de possibilité d'avoir un double métier en devenant moniteur de ski l'hiver).
Mais ....
De là à lancer un tel cri d'alarme, la majorité des consommateurs a du mal à comprendre.
Du moins, c'est que j'ai appris lors d'une étude à laquelle j'ai participé en 2006.
En effet, nous vivons dans un pays où existent de nombreuses aides, soutiens divers et variés aux personnes en difficulté. Contrairement à ce qui se passe en Amérique Centrale d'où est parti le mouvement Max Havelaar. Alors, le sentiment général est que l'on exagère à vouloir faire prendre en pitié des agriculteurs largement subventionnés. Il y a plus malheureux qu'eux.
Et là, je mets immédiatement un bémol à cette généralité.
En me souvenant d'une discussion avec un producteur fermier de Saint Nectaire il y a 2 ans, me disant alors que bon nombre d'exploitations agricoles de sa région étaient déficitaires, non rentables, que le niveau d'endettement était élevé et les rentrées pas suffisantes.
Que les plus anciens "mangeaient leur fonds" - comme on dit dans le commerce. Et finissaient par vendre peu à peu des lopins d'une terre que leurs enfants ne voulaient plus entretenir, refusant un métier ingrat et peu valorisé.
D'où l'intérêt d'acheter des fromages AOC, obligatoirement fabriqués sur une zone précise, et qui permettent donc de maintenir non seulement les exploitations laitières, mais également des emplois de fabrication et d'affinage sur la zone.
Pensez-y !!

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